Beijing, 6 juillet - La Chine, qui est fière de ses progrès constants en matière de transparence et de lutte contre le dopage, va surveiller de très près ses athlètes de haut niveau, y compris, la supervedette du 110 mètres haies Liu Xiang, de manière à présenter une délégation irréprochable aux JO de 2008.
? On a établi une banque de données et mis au point un système qui nous permet de suivre les déplacements de nos athlètes à tout moment. Gr?ce à ce dispositif, on peut examiner les sportifs au pied levé quand ils ne sont pas en compétition ?, explique Zhao Jian, chef du bureau de la Commission anti-dopage du Comité organisateur.
La base de données de la Commission comprend tous les sportifs qui ont obtenu de bons résultats ou qui pratiquent des disciplines à haut risque telles que l'haltérophilie, la natation, l'athlétisme, la lutte, le cyclisme ou l'aviron.
? Comme le résultat d'un examen change très rapidement en fonction du métabolisme très actif d'un athlète, il est essentiel pour nous de pouvoir leur mettre la main dessus à tout moment. ?
? Nous surveillons environ 2.000 sportifs ; tous figurent parmi les huit à seize meilleurs dans leur discipline. Liu Xiang est du nombre ?, indique le responsable.
Selon l'Administration nationale du sport, entre 30 et 40.000 sportifs sont inscrits auprès des associations sportives du pays.
Plus de 9.000 tests anti-dopage ont été réalisés l'année dernière, dont 70% hors compétition.
Zhao Jian explique que le nombre d'examens ne cesse d'augmenter et que la barre des 10.000 tests pourrait être dépassée cette année. Il est à noter que selon la réglementation en vigueur seuls les athlètes qui participent à des compétitions de niveau national ou provincial, ou qui sont inscrits auprès d'une association sportive nationale, peuvent être examinés.
Chaque jour, près de 300 employés prélèvent des échantillons de sang et d'urine et les envoient au Centre de contr?le anti-dopage de Chine, un laboratoire reconnu par l'Agence mondiale anti-dopage.
? Si les sportifs ne se présentent pas quand on les convoque, ils s'exposent à des sanctions sévères. Nous n'hésiterons pas une seconde à punir ceux qui trichent parmi nos athlètes ?, affirme Zhao Jian.
Rappelons qu'en 2005, aux Xes Jeux nationaux, la vedette de la course de fond Sun Yinjie avait été privée de sa médaille d'argent du 10.000m et bannie pour deux ans des stades après qu'un examen eut révélé qu'elle avait absorbé de l'androstérone, une hormone stéro?de favorisant le développement des caractères sexuels masculins.
L'année dernière, au cours d'une descente surprise dans une école d'athlétisme à Anshan, ville du nord-est de la Chine près de Shenyang, des inspecteurs ont découvert 450 doses d'érythropo?étine (EPO), de testostérone et d'autres stéro?des. Le directeur de l'école a été promptement limogé et l'école interdite aux jeux provinciaux.
? Notre voeux le plus cher est que les Jeux de l'année prochaine soient des Jeux ‘propres' où les athlètes auront la certitude que le combat est loyal et équitable à 100%, conclut Zhao Jian.